23/07/2026
Ce mercredi 22 juillet 2026, la presse française s'est enflammée pour une date : celle où le salarié moyen français, selon l'étude annuelle de l'Institut économique Molinari, a enfin fini de payer ses impôts et cotisations pour l'année. Le fameux « jour de libération fiscale ».
Une date qui, en 2026, tombe plus tard que jamais. Ce qu'on vous raconte beaucoup moins souvent : à Sofia, ce jour de libération fiscale est déjà loin dans le rétroviseur depuis... le 24 mai.
Cinquante-neuf jours d'écart. Presque deux mois. Voici pourquoi, et ce que ça change concrètement si vous facturez vos clients depuis la Bulgarie plutôt que depuis la France.
Ce mercredi 22 juillet, la presse française s'est enflammée pour une date : celle où le salarié moyen français, selon l'étude annuelle de l'Institut économique Molinari (réalisée avec le cabinet EY), a enfin fini de payer ses impôts et cotisations pour l'année. Le fameux « jour de libération fiscale ».
Une date qui, en 2026, tombe plus tard que jamais. Ce qu'on vous raconte beaucoup moins souvent : à Sofia, ce jour de libération fiscale est déjà loin dans le rétroviseur depuis... le 24 mai.
Cinquante-neuf jours d'écart. Presque deux mois. Voici pourquoi, et ce que ça change concrètement si vous facturez vos clients depuis la Bulgarie plutôt que depuis la France.
Chaque année depuis 17 ans, l'Institut économique Molinari calcule, pays par pays de l'Union européenne, le jour à partir duquel un salarié moyen (célibataire, sans enfant) cesse théoriquement de travailler pour financer charges sociales, impôt sur le revenu et TVA, et commence à travailler pour lui-même.
Le principe est simple : on imagine que tous les prélèvements de l'année sont payés en premier, du 1er janvier jusqu'à cette date symbolique. Ensuite seulement, le salarié dispose librement du fruit de son travail. Le calcul intègre les cotisations patronales et salariales, l'impôt sur le revenu et la TVA, rapportés au coût total supporté par l'employeur.
Ce n'est donc pas une opinion, c'est une méthodologie appliquée à l'identique dans les 27 pays de l'UE (plus le Royaume-Uni) — ce qui rend la comparaison particulièrement parlante.
Cette année, la France décroche un titre peu enviable : celui de championne d'Europe des prélèvements obligatoires, et ce depuis plusieurs années.
Les chiffres, tirés de la 17e édition de l'étude :
Concrètement : pour qu'un salarié moyen français dispose de 100 € nets dans sa poche, son employeur doit en réalité en débourser 225. Nulle part ailleurs en Europe l'écart n'est aussi important.
Changeons de décor. À Sofia, la même étude Molinari-EY situe le jour de libération fiscale bulgare au 24 mai, avec un taux de pression fiscale et sociale de 39,3 % — soit 16,3 points de moins qu'en France.
Mieux encore : cette date n'est pas un heureux hasard conjoncturel. Elle est fixée au 24 mai... chaque année depuis 2019. Huit ans de stabilité totale, quand la date française n'a cessé de reculer sur la même période.
La Bulgarie fait d'ailleurs partie des cinq seuls pays de l'UE dont la fiscalité n'a pas bougé d'un iota en 2026, aux côtés de la Hongrie, l'Irlande, la Lettonie et les Pays-Bas.
Avec un classement à la 24ᵉ place sur 28 pays étudiés, la Bulgarie se hisse parmi les 5 pays d'Europe où la pression fiscale et sociale pèse le moins sur le salarié moyen.
Un dernier clin d'œil, pour ceux qui nous lisent depuis Sofia : le 24 mai est aussi, dans le calendrier bulgare, la fête nationale de l'alphabet cyrillique et des saints Cyrille-et-Méthode — l'un des jours fériés les plus chers au cœur des Bulgares (nous en parlions dans un précédent article). Une coïncidence presque trop belle : le jour où la Bulgarie célèbre sa liberté culturelle est aussi, année après année, celui de sa liberté fiscale.
Mis bout à bout, voici ce que ça donne :
Cinquante-neuf jours. C'est le nombre de jours qu'un salarié moyen français doit travailler en plus, chaque année, avant de pouvoir disposer librement de son salaire, par rapport à un salarié moyen bulgare. Près de deux mois de travail supplémentaire « pour l'État », uniquement parce que le curseur fiscal n'est pas placé au même endroit.
Cet écart ne tombe pas du ciel. Il repose sur trois choix structurels que la Bulgarie a faits, et maintenus, depuis le début des années 2000.
Pas de barème progressif, pas de tranches, pas de simulateur à trois pages : en Bulgarie, l'impôt sur le revenu comme l'impôt sur les sociétés sont fixés à un taux unique de 10 %. Quel que soit votre revenu, vous savez à l'euro près ce que vous devrez.
Une fois l'impôt sur les sociétés payé, distribuer les bénéfices restants sous forme de dividendes ne coûte que 5 % supplémentaires. Un taux parmi les plus bas de toute l'Union européenne.
Concrètement, pour 100 000 € de bénéfices générés par une société bulgare (EOOD), il reste environ 85 500 € net dans la poche de l'entrepreneur une fois l'IS et les dividendes réglés. Pour un résultat comparable en France, même avec une optimisation agressive, il est rare de dépasser 55 000 € nets.
Si vous choisissez de vous verser un salaire plutôt que des dividendes, les cotisations sociales bulgares tournent autour de 14 % côté salarié et 19 % côté employeur — loin des cumuls qui dépassent 60 à 80 % du net en France pour un indépendant.
Reste l'objection classique : « La Bulgarie, c'est un peu limite, non ? »
Deux faits permettent d'y répondre sereinement.
D'abord, depuis le 1er janvier 2026, la Bulgarie a officiellement adopté l'euro, devenant le 21e membre de la zone euro. Le pays est désormais placé sous la supervision directe de la Banque centrale européenne — l'exact opposé d'un paradis fiscal opaque.
Ensuite, la convention fiscale franco-bulgare, signée en 1987 et en vigueur depuis 1989, protège juridiquement toute installation faite dans les règles : pas de double imposition, à condition que votre résidence fiscale et votre substance économique (siège réel, comptabilité locale, centre de vos intérêts vitaux) soient effectivement basées à Sofia. Nous détaillions ce mécanisme dans un précédent article.
Un mot d'honnêteté, pour finir. Le jour de libération fiscale est un indicateur théorique : il est calculé pour un salarié moyen, célibataire, sans enfant. Votre situation personnelle — revenu, statut, composition familiale — fera varier ces chiffres à la marge, dans un sens comme dans l'autre.
Il ne s'agit pas non plus de dire que la Bulgarie n'offre « rien » en échange de sa fiscalité plus légère : simplement que le rapport entre ce que vous versez et ce qu'il vous reste y est structurellement plus favorable, en particulier pour un freelance ou un entrepreneur qui facture depuis l'étranger.
Le 22 juillet ou le 24 mai : entre les deux, votre feuille de calcul a déjà tranché. La question n'est plus de savoir si l'écart existe — les chiffres de l'Institut Molinari le confirment noir sur blanc — mais si vous êtes prêt à structurer votre activité pour en profiter, légalement et durablement.
Chez ExpatSofia.fr, nous accompagnons les freelances et entrepreneurs français, de la création de leur EOOD à Sofia jusqu'à l'obtention de leur résidence fiscale bulgare, en passant par une comptabilité locale conforme aux exigences de la NAP.
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